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Le référencement des pages Wikipedia du CAC 40

Par Jean-François Poussard, le 22 novembre 2010
En partenariat avec 01net
Effectuez une requête ayant pour objet une grande société française dans un moteur de recherche. Vous vous retrouvez rapidement nez à nez avec sa fiche dans l’encyclopédie libre Wikipedia. Un référencement optimal que les entreprises doivent impérativement surveiller tant elles y sont régulièrement mises en cause.
Les fiches Wikipedia bénéficient d’une visibilité incontournable sur le web. D’après notre étude menée le 9 novembre 2010 sur les moteurs de recherche Google.fr et Yahoo ! France, 72 % des pages Wikipedia du CAC 40 (ex http://fr.wikipedia.org/wiki/GDF_Suez) sont présentes dans les cinq premiers résultats à partir d’une requête portant sur leur nom.

36 % se classent même sur le podium ! 25 % sont visibles entre la sixième et la dixième place. Un classement ostensible encore plus flagrant sur Yahoo ! France. Il installe onze entreprises du CAC 40 dans ses deux premiers résultats tandis que Google.fr n’en positionne qu’à partir de la troisième place.

Cela donne des situations insolites où la page Wikipedia de Dexia se loge devant celle du site officiel de la compagnie dexia.com.
Quelle importance ? Les grandes marques s’intéressent des propos tenus à leur sujet sur le web. Vingt personnes ont monté un groupe contre une marque sur Facebook ? Certes, cela n’est jamais réjouissant pour l’entreprise… mais c’est beaucoup moins visible et nuisible qu’une page Wikipedia avec un contenu négatif prépondérant.
Rappelons que n’importe qui peut participer à cette encyclopédie en ligne et gratuite. Les contributeurs doivent respecter des principes tels « le savoir-vivre (critiquer de façon constructive), la non-utilisation de textes sous copyright, et surtout la neutralité de point de vue » ce qui est la règle la plus délicate à respecter.
Concrètement, cela donne parfois des sommaires avec des sujets défavorables voyants. Dès la première partie « Histoire » de la société Générale, l’affaire Kerviel et celle du Sentier ont une place de choix.

Total a le droit à une belle série « d’Accusations et procès » autour de son implantation en Birmanie, d’Erika et la marée noire de 1999, de l’explosion d’AZF, de la caisse noire, de sa condamnation de Cray Valley…
Les rubriques « Controverses » alimentent les pages Bouygues, Veolia (« gestion coûteuse et peu efficace de l’eau, catastrophe environnementale à Bruxelles ») ou L’Oréal (« son fondateur Eugène Schueller aurait été, selon certains auteurs, l'un des financiers de La Cagoule, une organisation d'extrême-droite française des années 1930 »).
Un contenu que certaines entreprises aimeraient bien occulter.
Autre exemple chez France télécom et son sujet sur « le climat social » avec les derniers propos d’un employé décédé : « Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. C’est la seule cause. Urgence permanente, surcharge de travail, absence de formation, désorganisation totale de l’entreprise. Management par la terreur ! »

Après une analyse du contenu, les éléments péjoratifs ne sont pas tous mis en évidence de la même manière selon les sociétés.
Il est possible de consulter sur Wikipedia les modifications faites par les utilisateurs dans la rubrique « Afficher l’historique ». En deux mois, la page Crédit Agricole a été changée plus d’une quarantaine de fois en deux mois, Renault 35, Peugeot 33…

Historique modification page Renault chez Wikipedia
Ces corrections sont régulièrement refoulées par les administrateurs avec des mentions comme « polémique aberrante ou non fondé », « avis personnel – subjectif ».
Il est déjà arrivé qu’un trop grand nombre d'interventions et de corrections est amené les administrateurs à protéger des pages. Une initiative destinée à éviter les débordements comme celle autour du politique Yves Jego.
Les entreprises ont tout intérêt à surveiller assidument ce qui s’écrit sur leurs pages Wikipedia. Leur visibilité est trop importante pour les négliger.

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